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La genèse d’Iteos Therapeutics

Les recherches menées depuis les années 1980 par le Pr Thierry Boon et son équipe à l’Institut de Duve de l’UCL ont permis une avancée importante dans le domaine du cancer. En effet, cette équipe belge a montré que, contre toute attente, notre organisme a la capacité de reconnaître les cellules cancéreuses comme des « mauvaises cellules » et de les rejeter.

Les cellules cancéreuses présentent en effet à leur surface des marqueurs, appelés antigènes, qui permettent au système immunitaire de les reconnaître. Ainsi, des cancers surgissent fréquemment dans notre organisme et sont rejetés sans que nous nous en rendions compte.

Chez le malade atteint de cancer, ses défenses immunitaires sont dépassées, soit parce qu’elles se sont épuisées prématurément, soit parce que les cellules cancéreuses ont trouvé le moyen de se protéger ou de se cacher.

iteos cellule cancereuse

1999

Une nouvelle phase de recherche dans le groupe du Pr Benoit Van den Eynde à l’Institut de Duve et au Ludwig Institute for Cancer Research (LICR).

Les chercheurs découvrent un nouveau mécanisme par lequel les cancers paralysent le système immunitaire et échappent ainsi au rejet par l’organisme. Les cellules cancéreuses produisent un enzyme appelé IDO (Indoleamine DiOxygenase), qui détruit un acide aminé important pour le fonctionnement du système immunitaire : le tryptophane. En dégradant le tryptophane, les cellules cancéreuses paralysent les cellules immunitaires venant les attaquer. Les chercheurs montrent que l’inhibition de l’IDO par un moyen médicamenteux permet de restaurer un rejet efficace des cancers chez la souris. Cette recherche, publiée en 2003 dans la prestigieuse revue Nature Medicine, ouvre la voie au développement de nouveaux médicaments anti-cancéreux capables de bloquer l’action de l’IDO, afin de déjouer la protection apportée aux cancers et de renforcer l’action de l’immunothérapie.

 

2008

Un projet de recherche financé par Biowin (CANTOL) vise à rechercher des inhibiteurs de l’IDO en vue d’en faire des médicaments anti-cancéreux.

Il implique l’UCL, l’ULiège, l’ULB et l’UNamur, ainsi que GSK et Euroscreen.

Michel Detheux (Euroscreen) et Benoit Van den Eynde font connaissance et apprennent à travailler ensemble.

 

2010

Découverte par Benoit Van den Eynde d’un second mécanisme d’immunosuppression dans les cancers, basé sur un deuxième enzyme qui dégrade également le tryptophane : TDO (Tryptophane DiOxygenase »).

L’inhibition de TDO améliore le rejet des cancers chez la souris. Publiée en 2012 dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, cette recherche identifie une seconde cible pour le développement de médicaments anticancéreux.

Avec deux cibles permettant de développer deux programmes de recherche de médicaments, l’idée de créer une spin-off se concrétise dans l’esprit de Benoit Van den Eynde et Michel Detheux.

 

2010

Un projet First Spin-off financé par la Région Wallonne.

Ce subside permet à Michel Detheux de quitter Euroscreen pour rejoindre le laboratoire de Benoit Van den Eynde, de préparer un business plan et de rechercher des investisseurs pour le lancement d’une spin-off.

 

2011

Création de iTeos Therapeutics par Michel Detheux et Benoit Van den Eynde.

 

2012

Les investisseurs privés sont identifiés (notamment LICR, VIVES, Fund+ et d’autres).

Un important subside de la région Wallonne (Retech – 6.000.000€) est obtenu, ce qui permet de démarrer les activités centrées sur trois programmes : la recherche d’inhibiteurs d’IDO, la recherche d’inhibiteurs de TDO, et le développement clinique d’un inhibiteur de l’hème oxygenase (programme de recherche porté par le LICR et issu de l’université de Cambridge (UK).

 

2018

iTeos Therapeutics, spin-off de l’UCL et du LICR, lève 64 millions d’euros.

 

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